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Natura 2000 Vallée de l'Indre Région Centre-Val de Loire

Les associations Anepe Caudalis et Indre Nature ont été missionnées pour réaliser ces prospections.

Damier de la Succise
Damier de la Succise © Gilles San Martin
Damier de la Succise – un seul individu observé sur un secteur historique du site Natura 2000 

Papillon de jour emblématique des zones humides européennes classé d’intérêt européen, le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) est présent en Vallée de l’Indre de manière très localisée sur les communes de Le Tranger et de Buzançais. L’espèce n’a jamais été recensée sur la partie du site située dans l’Indre-et-Loire. 

 

Chenilles du Damier de la Succise
Chenilles du Damier de la Succise © Gilles San Martin

En 2023, une prospection sur les secteurs de présence historique de l’espèce a permis d’observer un seul individu et de découvrir 3 nids communautaires (toiles de soie construites par les chenilles) à proximité de l’individu. Si ces données sont très positives pour l’espèce et le site Natura 2000, elles restent préoccupantes. 

Les libellules

En 2023, les trois espèces de libellules classées d’intérêt européen ont fait l’objet de prospections complémentaires suite au travail démarré en 2022. 

La cordulie à corps fin
La cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) se développe dans les eaux à faible courant et possiblement stagnantes. Elle représente 25 % des exuvies récoltées en 2023 sur le site Natura 2000 Vallée de l’Indre. Cette espèce voit sa population augmenter depuis 2012. Néanmoins, l’espèce est particulièrement sensible à la perte et à la dégradation des ripisylves, situation accentuée par l’exploitation des peupleraies. 

Cordulie à corps fin
Cordulie à corps fin © Guillaume Caillon

Où sont passés les « gomphus » ? 
Le gomphe de graslin (Gomphus graslinii) possède une écologie similaire à la cordulie à corps fin affectionnant les eaux calmes aux berges occupées par la ripisylve. À l’inverse de la cordulie sa population est en très forte régression. L’espèce n’a pas été observée en 2023 comme en 2022. Plus généralement, les espèces du genre « gomphus » sont pratiquement absentes des inventaires. Les inventaires réalisés sur la Loire et la Creuse présentent les mêmes tendances. Ces espèces représentent ainsi moins de 1 % du total des exuvies (enveloppe que le corps de l’espèce a quitté lors de la mue) récoltées en 2023 contre 33 % en 2012. 

Que ce soit au niveau de la Loire ou en Espagne (second Pays où l’espèce est endémique), l’espèce observe une très forte chute de ses populations sans que les causes ne soient clairement identifiées et prouvées. La modification des facteurs physico-chimiques des cours d’eau peut être responsable de cette régression voir de la disparition, à terme, des populations locales. Ces facteurs sont susceptibles d’être influencés par l’augmentation de la température de l’eau, les modifications morphologiques des berges, la diminution ou l’augmentation parfois brutale du niveau de l’eau avec des étiages de plus en plus sévères. 

Gomphe de Graslin
Gomphe de Graslin © Alain C.

L’Agrion de Mercure et le protocole écomètre 
L’Agrion de Mercure (coenagrion mercuriale) a fait l’objet d’un suivi écomètre en 2023 sur le ruisseau de Rigny à Saint-Jean-Saint-Germain, seul ruisseau accueillant l’espèce au sein de la partie Indre-et-Loire du site. Ce protocole a pour objectif de fournir une mesure des potentialités écologiques de présence de l’espèce sur une zone d’étude définie. Sur cette dernière, il en résulte que l’espèce est bien présente mais que sa population est faible. Cette situation s’explique par une largeur importante du ruisseau, une profondeur un peu trop élevée, la quasi-absence de ripisylves avec, lorsqu’il y a une ripisylve, une gestion trop intensive pour attirer l’espèce. Cette espèce reste relativement commune en vallée de l’Indre mais elle reste sensible à certains facteurs comme l’absence de végétation émergée. 

Agrion de Mercure
Agrion de Mercure © Gilles San Martin
La Loutre et le Castor d’Europe photographiés 

À l’occasion des prospections sur la partie Indre-et-Loire du site, des pièges photographiques ont été installés dans le but d’observer la présence de la Loutre et du Castor d’Europe. Le Castor a été photographié à plusieurs reprises au cours du mois de juillet sur la commune de Bridoré où a été installé le piège photographique. Une Loutre, dont la recolonisation de la rivière Indre est lente et fragile, a été filmée pendante 1 nuit seulement sur la commune de Saint-Hippolyte. 

Loutre
Loutre © Kentish Plumber

 

Castor
Castor © Alexandre Roux

 

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